mardi 12 janvier 2010

La santé en France

La santé en France

La santé en France connaît une évolution positive traduite par une espérance de vie exceptionnelle, la baisse de la consommation d'alcool et la diminution de la mortalité cardiovasculaire. Les dépenses de santé ne cessent cependant d'augmenter (plus de 140 milliards d'euros en 2000, soit 10 % du PIB), tandis que s'accentuent les inégalités géographiques et sociales.

Les comportements de santé

La santé n'est plus la seule affaire des médecins, qui doivent maintenant s'ajuster aux exigences d'un public de plus en plus avisé et acteur de sa santé. Le Comité français d'éducation pour la santé (CFES) et la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés ont publié en 2000 un « Baromètre santé » qui rend compte de trois grands comportements.

La vaccination. Plus de 90 % des Français se disent favorables à la vaccination. 85 % des parents d'enfants âgés de moins de 16 ans déclarent ainsi avoir fait vacciner au moins un de leurs enfants. Ces chiffres n'en restent pas moins en deçà des objectifs de l'OMS. Les patients réfractaires disent craindre les complications ou considèrent les maladies concernées (rubéole, tétanos...) comme bénignes.

La pratique du sport et les habitudes alimentaires. 44 % de la population déclare s'être livré à un sport au cours des sept derniers jours : les hommes plus souvent et plus longtemps que les femmes. Le plaisir en serait la principale motivation (72 %), devant la santé (60 %) et la rencontre d'amis (40 %). Le nombre de personnes obèses ne cesse toutefois d'augmenter : 15 % d'hommes et 11 % de femmes en 2000. 42 % des Français se sentent trop gros (dont une majorité de femmes) et 20 % de la population déclare avoir suivi un régime amaigrissant durant les douze derniers mois. L'enquête fait état par ailleurs de conduites alimentaires « perturbées » chez plus de 20 % des jeunes filles de 20 à 25 ans.

Les pratiques sexuelles. L'âge moyen du premier rapport sexuel est de 17,5 ans pour les hommes et de 18,7 ans pour les femmes. L'idée de se protéger semble de mieux en mieux admise chez les jeunes : 90 % parmi les 15-19 ans disent avoir utilisé un préservatif lors de leur premier rapport. Le moyen contraceptif le plus souvent cité reste la pilule (58 %), devant le préservatif (22 %) et le stérilet (21 %). Concernant le dépistage, seuls 10 % des individus disent avoir fait un test HIV au cours des douze derniers mois, et 17 % un test d'hépatite C au cours de leur vie. Les autres MST semblent deux fois plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes.

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De quoi a-t-on peur ?

Les accidents de la circulation (62,9 %) et le cancer (56 %) sont les risques de santé les plus craints des Français. Les maladies cardiaques, qui représentent pourtant avec les tumeurs l'une des principales causes de mortalité, n'inquiètent en premier lieu que 34 % des Français, avant les maladies dues au tabac (28 %) et le sida (25 %). Au cours des années 90, la sensibilité de la population (et des médias) concernant les phénomènes de pollution, d'environnement physique et leurs conséquences sanitaires a par ailleurs augmenté, devançant le chômage parmi les inquiétudes. La perception de la santé apparaît très influencée par l'actualité (vache folle, aliments génétiquement modifiés, etc.) et par les campagnes de prévention et d'information, comme celles sur le tabac et l'alcool.

La consommation médicale, du simple au double

La consommation médicale totale en France a fortement augmenté entre 1990 et 2003, passant de 80 à 147 milliards d'euros (1). Cette consommation globale consiste pour une large part en soins et biens médicaux, dont le coût est passé durant cette période de 78,5 à 144 milliards d'euros. Les soins hospitaliers et en sections médicalisées, également importants, ont évolué de 38 à 64 milliards d'euros. Quant à la consommation de médicaments, de 14 milliards d'euros en 1990, elle en atteignait 30 en 2003. Notons que la consommation d'antibiotiques a, elle, légèrement diminué. Selon une récente étude (2), cette baisse est de l'ordre de 5,6 % entre 1999 et 2002. La diminution reste plus que nécessaire car la surconsommation d'antibiotiques, dont la France détient le record européen, entraîne depuis dix ans une augmentation de la résistance bactérienne.

La santé, une question d'âge

Depuis sa création en décembre 1991, le Haut Comité de la santé publique a publié trois rapports, dont le dernier dresse un « bilan de santé » en France (3) sur quatre groupes d'âges :

Les moins de 15 ans. La mortalité infantile a diminué de moitié entre 1970 et 1997, sous l'effet de la prévention et d'une meilleure prise en charge des femmes enceintes et des nourrissons. Le nombre de décès annuels d'enfants de moins de 1 an est ainsi passé de 9 000 en 1980 à 3 400 en 2002. L'enquête souligne une augmentation du surpoids et de l'obésité, qui concernent 14 % des garçons et 18 % des filles de 7-9 ans, rappelant les risques de maladies cardiovasculaires encourus à long terme.

Les 15-44 ans représentent 42 % de la population française et sont globalement en bonne santé. En revanche, les morts violentes (accidents de la circulation et suicides principalement) apparaissent très importantes dans cette classe d'âge et placent la France, avec l'Espagne, au 3e rang des pays de l'Union européenne.

Les 45-74 ans, âges où se multiplient les problèmes de santé, sont en augmentation. Ils seront 23 millions (soit 37 % de la population) en 2020. 60 % des cancers surviennent dans cette classe d'âge. Ce sont les maladies cardiovasculaires, moins mortelles aujourd'hui, qui constituent le motif le plus fréquent de soins.

Les plus de 75 ans représenteront 10 % de la population en 2020. « La démence(Alzheimer en tête) domine toute la pathologie mentale des personnes âgées, par sa fréquence et sa gravité. » Si aucun progrès n'est réalisé dans la prévention, le nombre de personnes démentes, de 660 000 aujourd'hui, atteindra les 800 000 en 2010. Le rapport note par ailleurs l'insuffisance de la prévention tertiaire, dont relève la prise en charge des déficiences sensorielles et motrices des personnes âgées. Si des progrès considérables ont été faits en matière de santé, les inégalités spatiales et sociales semblent en revanche s'accentuer. En 1999, la probabilité de décès entre 35 et 65 ans était, chez les hommes, de 13 % pour les cadres et professions libérales contre 26 % pour les ouvriers ; chez les femmes, de 6,5 % pour les cadres et professions libérales contre 10,5 % pour les ouvrières.


NOTES

1
France, portrait social, Insee, 2003.



2
Dossier « Résistances aux antibiotiques », Bulletins épidémiologiques hebdomadaires, n° 32-33, 2004.



3
Haut Comité de la santé publique, « La santé en France 2002 ».

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